“40 000 janissaires contre 700 chevaliers et une poignée de Maltais. Quatre mois d’enfer. Un résultat qui a changé l’histoire du continent.”

Dans les écoles polonaises, on enseigne le siège de Vienne de 1683. À Malte, l’année la plus importante est 1565. C’est alors que le destin de toute l’Europe s’est joué — et que celle qui avait moins de soldats, mais davantage de volonté de combattre, a remporté la victoire.
Le sultan Soliman le Magnifique — le souverain le plus redoutable de son époque, qui avait conquis l’Orient et les Balkans et assiégé Vienne — voulait éliminer les chevaliers de Malte. Depuis les murs de Malte, ceux-ci bloquaient les lignes de ravitaillement ottomanes et attaquaient les navires marchands musulmans. Pour Soliman : un problème à éliminer. Pour l’Europe : le dernier bastion.
| Camp | Forces | Commandant |
|---|---|---|
| Empire ottoman | 30 000–40 000 soldats (dont des janissaires), flotte puissante | Mustafa Pacha (terre), Piyale Pacha (flotte), Dragut (conseiller — mort le 23 VI) |
| Défenseurs | ~700 chevaliers + ~8000 Maltais et mercenaires | Jean de La Valette (71 ans, combattant personnellement) |
Les Ottomans prirent le fort Saint-Elme après 31 jours de combats acharnés — ils perdirent environ 8000 soldats pour s’emparer d’un petit fort défendu par 1500 hommes. Dragut mourut, touché par un éclat, juste avant la chute du fort. Après la prise, les Ottomans empalèrent les têtes des chevaliers et firent dériver dans le port des croix portant leurs corps afin de briser le moral de Birgu. De La Valette répliqua immédiatement : il fit décapiter des prisonniers ottomans et lança leurs têtes à coups de canon.
Birgu et Senglea résistèrent pendant les mois suivants sous une chaleur barbare. Les défenseurs noyèrent dans la mer les nageurs-sapeurs ottomans ; des sorties nocturnes repoussèrent les vagues successives d’assaillants. Le 7 septembre, les renforts venus de Sicile arrivèrent enfin — le Gran Soccorso, 8000 soldats commandés par Don García de Toledo. Les Ottomans levèrent le siège le lendemain.
La victoire de l’Europe chrétienne arrêta l’expansion ottomane vers l’ouest. Le pape parla d’un miracle. La Valette — construite après la victoire — est une ville-monument pour ceux qui sont morts. Elle porte encore aujourd’hui le nom de de La Valette.
~700 chevaliers et 8000 Maltais contre 40 000 soldats ottomans. Un commandant de 71 ans combattant personnellement sur les remparts. Quatre mois de siège sous la chaleur de juillet. Et ils ont gagné. Ce n’est pas un film — cela s’est vraiment passé, sur l’île où vous marchez aujourd’hui.
Birgu (Vittoriosa) — c’est ici que les défenseurs ont résisté jusqu’au bout. Allez au fort Saint-Ange et placez-vous sur les remparts. Vous voyez exactement ce que voyaient de La Valette et ses soldats. Ce n’est pas un musée — c’est une histoire vivante.